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Les archives des émissions passées Année 2007 - 2008 Vladimir Cosma

>>Vladimir Cosma

3 octobre 2008
Auteur(e) : 

Lycée La Fontaine de Paris

1. Bonjour Vladimir Cosma ! Nous sommes très heureux de vous accueillir dans l’auditorium du Lycée La Fontaine dans le cadre de l’émission « Les Lycéens font leur cinéma » diffusées par Radio Classique. Vous êtes une figure majeure de la musique de film. De nombreux prix et décorations saluent unanimement votre carrière de musicien (César de la meilleure musique de film pour Diva de Beneix/1982, Grand Prix de la SACEM, Grand Prix du disque en 1983 et Commandeur des Arts et Lettres).

Vous avez composé la musique de très nombreuses comédies inscrites, désormais, à notre patrimoine culturel national, nous citerons ainsi Le Grand Blond avec une chaussure noire, Rabbi Jacob, La Boum 1 et 2, Le Père Noël est une ordure, L’Etudiante, Le Dîner de cons....

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2. Vladimir Cosma, vous êtes né à Bucarest, en Roumanie. Pouvez-vous évoquer votre enfance, votre jeunesse et votre formation musicale dans votre pays natal  ?

3. Votre origine roumaine a-t-elle influencé, et de quelles façons, votre musique  ?

4. Vous êtes resté jusqu’au début des années soixante en Roumanie, alors une démocratie populaire, sous contrôle soviétique. Pouvez-vous nous dire l’impact que cela a eu sur votre musique, votre connaissance de ce qui se faisait ailleurs  ?

5. Vladimir Cosma, à quel âge êtes-vous arrivé en France et pourquoi avez-vous choisi ce pays ?

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6. Vladimir Cosma, nous aimerions savoir pour quelles raisons vous en êtes venu à la composition de musiques de films  ?

7. Vladimir Cosma, pour vous, quelle est le rôle de la musique dans un film  ?

8. Vladimir Cosma, à quel moment de l’élaboration du film composez-vous la musique, dès le début, à la lecture du scénario ou après le montage du film ?

9. Pouvez-vous nous parler des chansons de La Boum. Ont-elles été écrites avant ou après le visionnage du film  ? Vous a-t-on expressément demandé de composer des chansons  ?

- Pour vous remercier d’être venu nous voir, nous voulons vous faire écouter maintenant un petit arrangement de votre musique de... Reality/La Boum 1

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10. Nous nous souvenons tous du générique du Grand Blond, le jeu de carte présentant les noms de tous les participants, accompagné musicalement par le thème principal du film, véritable Leitmotiv. Dans vos films, Vladimir Cosma, accordez-vous un soin particulier au générique  ?

11. Vladimir Cosma, quelle est votre part de participation dans l’élaboration d’un film  ? Quel est votre rapport aux réalisateurs et aux comédiens  ?

12. Vladimir Cosma, vous êtes resté fidèle à certains réalisateurs et même à certains acteurs (Pierre Richard et Louis de Funès, en particulier). Ce sont tous les deux des musiciens. Aviez-vous une relation privilégiée à ces acteurs  ? On peut citer de nombreux films avec Pierre Richard  : Le Distrait, Les Mahleurs d’Alfred, Le grand Blond avec une chaussure noire, La moutarde me monte au nez, Le retour du Grand Blond, La Course à l’échalotte, La Chèvre

- Chanson des Ière L

13. Vladimir Cosma, quelles sont les contraintes du métier de compositeur pour les films, mais aussi quelles sont vos libertés  ?

14. Avez-vous tout de même quelques libertés  ?

15. Vladimir Cosma, en 1968, vous composez pour la télévision la musique du feuilleton Tom Sawyer, on s’aperçoit que la télévision occupe une place importante dans votre travail de composition. Est-ce une manière différente de travailler  ?

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16. Vladimir Cosma, vous êtes très influencé par la musique espagnole dans vos concertos pour euphonium et pour trompette par exemple... la musique du film Cuisines et dépendances... on pense aussi à la Habanera dans La Gloire de mon père. La Roumanie est un pays de culture latine  : cela a-t-il eu une influence  ? Est-ce tout simplement le goût de l’exotisme, du folklore  ?

17. Vladimir Cosma, vous semblez aussi très attaché à l’évocation de la Provence. Dans les films Le Château de ma mère et La Gloire de mon Père en 1990, vous écrivez une musique symphonique plus lyrique. Pourquoi ce choix  ? Avez-vous repris des thèmes de ces deux films dans votre opéra  Marius et Fanny ?

- La Valse d’Augustine par les 2nde option musique

18. Dans La Gloire de mon Père, quand la famille de Marcel Pagnol arrive à Marseille, un thème dynamique apparaît accompagnant les images d’une ville moderne et très active. Une phrase plus lyrique semble annoncer des jours de bonheur. Dans votre opéra Marius et Fanny (crée le 7 septembre 2007 à l’Opéra de Marseille), la même musique devient un dialogue entre César et Marius, le père encourageant son fils à épouser Fanny. Vladimir Cosma, est-ce la ville de Marseille que vous associez à cette musique  ? Plus généralement, pouvez-vous nous parler de la relation que vous voulez créer entre les images et la musique ou entre le texte et la musique  ?

19. Nous avons eu la chance d’entendre le disque compact de Marius et Fanny qui vient de sortir... Y aura-t-il un DVD  ?

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20. Vladimir Cosma, votre actualité discographique est très riche. Vous semblez désormais donner la priorité à la musique de concert. Vous avez réalisé des suites d’orchestre à partir de vos plus beaux thèmes (Le grand Blond, La Boum, La Gloire de mon père et Le Château de ma mère...). C’est vous avez dirigé l’Orchestre de la Suisse romande. Y-a-t-il chez vous une volonté d’être écouté en concert  ?

21. Vladimir Cosma, en septembre prochain, on vous retrouve dans un très beau projet  : la création de la comédie musicale Rabbi Jacob... est-ce que c’est une idée du comédien Patrick Timsit  ? A-t-on déjà des exemples de ce type d’adaptation d’un film en comédie musicale  ? (rare, non  ?!). Qui a écrit les lyrics  ? Comment s’est organisé ce travail si particulier  ? De quelle manière avez-vous retravaillé la musique du film  ?

22. Vladimir Cosma, nous sommes très heureux d’avoir pu vous rencontrer. Merci d’être venu au Lycée La Fontaine pour cette émission des « Lycéens font leur cinéma ».

LE QUART D’HEURE DE LA MORT

La musique du film de Alfred Hitchcock La Mort aux trousses, sorti en 1959, en pleine Guerre froide, est au programme du baccalauréat option musique. Cette musique a été composée par Bernard Herrmann. Nous nous intéressons ce soir au thème musical associé aux scènes où le héros du film Roger Thornhill est menacé par les espions. Essayons de comprendre comment le compositeur réussit à nous faire ressentir le danger dans lequel se trouve le personnage interprété par Cary Grant.

Le Thème de la Menace précède très souvent l’action, nous l’entendons avant que Roger Thornhill rencontre son rival Vandamm. Cette anticipation qui permet de faire monter la tension. Ce thème est une mélodie sinueuse et chromatique, une sorte de serpent mélodique. Ce continuum en croche s’inscrit dans une pulsation ternaire. En deux mesures, le Thème de la Menace fait entendre une bonne partie du total chromatique ainsi que des intervalles disjoints et dissonants (4te augmentée ou triton). Cette instabilité tonale est génératrice d’un sentiment d’angoisse. Le Thème de la Menace intervient souvent dans les scènes de déplacement en voiture et fait un peu échos aux virages de la route. Hermann le reprend dans plusieurs séquences mais avec des variantes dans l’orchestration.

1. 1ère séquence  : Roger Thornhill est kidnappé par deux espions puis enfermé dans une voiture. Il tente alors de réfléchir à ce qui lui arrive sans en mesurer véritablement la gravité. C’est cette double sensation qui est restituée par la musique : quelques accords successifs et lents évoquent l’incompréhension du héros en même temps qu’un intervalle de triton suggère la menace de mort qui rôde  :

- Exemple au piano de Leo

Puis le Thème de la Menace apparaît  :

- Exemple au piano de Leo

Thornhill plaisante et ironise. La voiture des tueurs arrive dans la luxueuse propriété de Townsend. La musique exprime le climat d’inquiétude et le bruitage ajoute de l’intensité à ce passage. Herrmann expose le thème trois fois dans des orchestrations très variées. Une 1ère fois, il est partagé par les cors et les bois. Il est mixé en arrière-plan par rapport aux bruits de moteurs et aux crissements de pneus  ; une 2ème fois, le Thème de la Menace est dramatisé par les cuivres et leurs chromatismes et dissonances, puis une dernière fois conclut par 3 notes chromatiques descendantes, dans le grave, jouées par les cors, bassons et contrebassons. Le Thème de la Menace est au premier plan lorsque les personnages atteignent la propriété de Townsend.
- CD = Kidnapped (plage 4  ; 2 :15, à 1 :15/le Thème de la Menace) Film = 6’28

2. On retrouve ce Thème de la Menace, varié, lorsque Thornhill revient sur les lieux avec sa mère et les autorités judiciaires. C’est le lendemain de son kidnapping. L’orchestration est moins dense car il n’y a plus d’instruments à vent : le thème, plus rapide, est partagé entre les cordes et la harpe et il est ponctué par le vibraphone, ce qui lui donne un caractère plus énigmatique. Les premiers temps sont très fortement accentués.

- CD = The Return (plage 9  ; 0:25) Film = 21’47

3. Thornhill se rend en voiture aux Nations Unies, poursuivi par les hommes de Vandamm. Arrivé à l’accueil, on entend 2 fois le Thème de la Menace, joué d’abord aux cordes, associés aux chromatismes des clarinettes et clarinettes basses. Puis, il est repris aux bois (clarinettes, clarinettes basse, bassons, contrebasson) dans une nuance fortissimo. Tous les personnages se sentent menacés...

- CD = Information Desk (plage 15 ; :50) Film = 34’13

Remarque  : juste avant cette séquence, on entend un motif proche du Thème de la Menace, au profil sinueux, fondé lui aussi sur un continuum de croches et quelques chromatismes. The U.N. (plage 14  ; 1 :01)

- Exemple au piano par Leo

4. Le Thème de la Menace réapparaît dans la Scène de la cafétéria devant Mont Rushmore lors de l’arrivée de Vandamm, Leonard et Eve. Il est exposé 4 fois avec des variations instrumentales, il s’inscrit cette fois dans un tempo plus lent : tous les protagonistes sont en présence dans une confrontation calculée de part et d’autre et la musique illustre la méfiance générale. Il est d’abord joué aux cordes, puis repris ponctué par les bois dans une sorte de contre-chant. Dans la troisième reprise, les clarinettes sont remplacées par les cors doublés des bassons et du contrebasson. Les cordes jouent en pizzicatos. Encore une fois la musique crée le suspense. Le Thème de la Menace est repris une 4ème fois aux cordes et s’achève sur un accord qui crée encore le suspens.

- CD = The Cafeteria (plage 34  ; 1 :14) Film =1h37’39”

La musique de Bernard Herrmann apporte donc du sens à ce thriller et participe pleinement à la réussite finale de ce chef-d’oeuvre d’Alfred Hitchcock que nous vous conseillons de découvrir ou de redécouvrir.